Expertise sectorielle

[Interview] Tour d'horizon de l'industrie B2B par Jean-Charles Marcos

Loïc BURDET le 09 novembre 2016
Loïc BURDET
4min

Récemment, j'ai eu la chance de rencontrer Jean-Charles MARCOS dans le cadre de nos activités complémentaires autour de l'industrie B2B. Après plus de 20 ans d'expérience dans l'industrie, Jean-Charles MARCOS s'est lancé en 2016 dans l'aventure entrepreneuriale en créant EXPERING en partenariat avec le groupe HEVERETT, société de prestations de services en ingénierie. Dans le cadre des problématiques industrielles qui sont au coeur de notre activité, nous avons voulu vous faire partager grâce à une interview, son experience, son expertise et apporter un regard sur l'industrie d'aujourd'hui et de demain. D'ailleurs, je le remercie vivement pour sa disponibilité et son analyse plus qu'intéressante !

PRÉSENTATION DE NOTRE INVITÉ

Bonjour Jean-Charles, avant toute chose, peux-tu nous dire un petit mot sur toi ?

jean-charles-marcos experingJe suis sorti de l’INSA de Lyon en 93 avec un diplôme d’ingénieur en traitement du signal et de l’image. A la fin de ces études j’ai pris un chemin complètement différent puisque j’ai commencé comme chef de projet dans l’industrie automobile chez Peugeot dans l’Est de la France pour le compte d’AKKA.

Après 2 ans sur ce poste technique j’ai l’opportunité de rejoindre les équipes commerciales. Je commence ma carrière de manager à la tête d’une agence de 30 collaborateurs en région parisienne. Le secteur des sociétés d’ingénierie et de conseil en technologies étant très dynamique, les opportunités sont nombreuses dans le groupe et il faut les saisir. Je change de poste quasi tous les 2 ans. Je prends la direction de la division Industrie Lourde du Groupe puis la direction de la filiale Ingénierie Process avant de créer la Division Nucléaire en 2004.

Entre 2006 et 2009, je me fais débaucher par Cégélec où je prends la direction d’une division contrôle non Destructif. Le service me manque un peu et je reviens dans le groupe AKKA en 2009 pour être adjoint au directeur général France.

En 2011, j’entreprends de faire un Executive MBA pendant 2 ans. A mon retour en 2013, je prends la direction générale du département R&D du groupe AKKA. Cette dernière fonction m’amène à développer des projets avec mes équipes dans les différents secteurs de l’entreprise : que ce soit l’automobile, l’aéronautique ou encore l’énergie… Je quitte le groupe en 2016 pour vivre une aventure entrepreneuriale.

Justement Jean-Charles, cette aventure entrepreneuriale a démarré récemment avec la création de la société EXPERING, peux-tu nous en dire plus ?

Ce projet a muri pendant mon Exec MBA. En fin de cycle nous devons travailler sur un projet individuel en relation avec son secteur d’activité. J’ai choisi d’adresser le sujet que j’ai appelé le senior consulting. Autrement dit, c’est proposer des ressources d’experts retraités de grands groupes à des clients qui ont besoin de ressources très expérimentées pour leur projets d’ingénierie. Je n’ai pas pu réaliser ce projet au sein du groupe AKKA, aussi j’ai décidé de le retravailler en élargissant aux freelances expérimentés. Aujourd’hui j’ai gommé le terme de senior de mon offre pour ne parler que d’experts et je propose à mes clients une offre de prestation de service en ingénierie s’appuyant uniquement sur des experts indépendants. Je suis au tout début de l’histoire mais les premiers retours clients sont intéressants.

L'INDUSTRIE AUJOURD’HUI

Selon toi, comment se porte le marché de l’industrie ?

Le taux de croissance des ICT est un bon indicateur pour l’industrie, ces sociétés travaillant pour l’ensemble des secteurs d’activité. Après des années 2013 et 2014 très décevantes en terme d’activité, on est reparti en croissance en 2015 et 2016. Le secteur automobile est en bonne santé notamment avec l’arrivée du véhicule connecté puis de la voiture autonome qui est annoncée à l’horizon 2020.

Côté énergie, les investissements repartent à la hausse. Hinkley Point vient d’être signé et on attend encore des contrats importants pour la Chine. Le ferroviaire est particulièrement dynamique avec les projets du Grand Paris et les investissements pour rénover les voies ferrées secondaires. Seul le secteur de l’oil & gas reste en retrait en raison de cours de brut encore trop bas pour permettre des investissements conséquents.

Quels sont les plus grosses problématiques auxquelles font face les entreprises de l’industrie ?

Nous sommes dans une situation où les investissements repartent, quel que soit le secteur d’activité. La problématique principale que je constate aujourd’hui c’est l’accès aux ressources. Nous avons besoin d'énormément de compétences mais nous avons de plus en plus de mal à les trouver. En France et en Europe nous sommes en plein départ à la retraite des Baby boomers ce qui crée des manques de compétences.

De plus, les nouvelles générations arrivant sur le marché du travail ne veulent plus travailler comme avant. Elles sont plus ouvertes à des modes de travail flexibles comme le freelancing. Aux Etats-Unis, une tendance est en train d’exploser : le GOO (Global Online Outsourcing). Le travail devient « liquid ». Les entreprises devront à l’avenir s’adapter à ces nouveaux modes de travail flexibles.

Quel est la place du digital dans l’industrie ?

Le digital dans l’industrie ? J’ai peu d’expérience dans ce domaine. Mais ce que que je vois, c’est une tendance vers ce qu’on appelle l’industrie 4.0. Une industrie qui permette de produire un produit à l’unité aux coûts de la production de masse. Ce ne sera possible que par l’apport du digital et des nouvelles technologies telles que l’impression 3D ou l’IoT. D'autre part, dans la problématique des ressources citées précédemment, le digital a une importance capitale : c’est le seul moyen pour pouvoir gérer les ressources « online ».

L'INDUSTRIE DEMAIN

Pour finir Jean-Charles, comment vois-tu l’industrie en 2025 ?

Difficile de répondre à cette question. La robotique, l’intelligence artificielle (IA), l’internet des objets (IoT) vont sans aucun doute impacter nos modes de production. Il y a seulement 2 semaines nous avons pu lire dans la presse que 2 ordinateurs dotés d’intelligence artificielle ont créé un langage indéchiffrable par l’homme et ont discutés entre eux. Donc imaginer confier les taches les plus complexes de l’homme à un robot n’est pas de la science fiction. Je pense qu’à l’horizon 10 ans nous aurons une industrie de plus en plus robotisée et dotée de systèmes intelligents capables de prendre des décisions à la place de l’homme. La question sera : quoi faire de ceux qui n’auront pas la capacité à changer de métier ? Un réel enjeu sociétal !

J’avais lu dans un article sur le sujet qu’au début de la création l’Homme s’est vu chasser du jardin d’Eden et s’est vu condamné au travail. A force de travail et d’innovation il se peut que l’aboutissement de cette créativité soit bel et bien la suppression de notion de travail et de retour au Paradis. A méditer…

Merci Jean-Charles pour ton temps, c'était un plaisir de recueillir ton témoignage et te souhaite bonne chance dans ton aventure qui sera j'en suis sûr une très belle réussite !

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